A- Pasteur à l'hôpital: Les applications de la théorie des germes sur son siècle

Grâce à ses avancées, Louis Pasteur a pu trouver un nouveau moyen de conserver les aliments : La pasteurisation. Ce qui l'amena à commencer des recherches avec Chamberland sur l'autoclave (stérilisateur) pour l’intégrer dans des protocoles d'hygiène en hôpital. Il a par ailleurs découvert que les microbes sont majoritairement éliminés grâce à des agents stérilisants tels que l'alcool. L'alcool est aujourd’hui l'un des composants principaux de nos désinfectants et aussi le plus connu. Pasteur a pu aider au développement de la pasteurisation qui est aujourd'hui souvent remplacé par la stérilisation comme pour le lait UHT mais reste utilisé pour certains aliments (le lait pasteurisé par exemple). La stérilisation, héritière de la pasteurisation, est également plus souvent pratiquée par les particuliers comme avec l'utilisation de stérilisateur pour la nourriture des nourrissons par exemple.

A l'époque de Pasteur, par nécessité de soin dans les hôpitaux, la pasteurisation s'est transformée en stérilisation qui se base sur le même principe mais avec des températures plus élevée puisqu'elle s'applique à des objets et non à des produits dont la qualité doit être conservé. A partir la fin XIXème, la stérilisation et l'asepsie ont donc été utilisé dans les hôpitaux à des fins chirurgicales mais vite remplacées par l'antisepsie grâce aux travaux de Joseph Lister.

L'antisepsie:

Les découvertes de Pasteur sur la germination, l'inexistence de la génération spontanée et la fermentation, ont permis à Lister de mettre au point l'antisepsie listerienne.

Celle-ci consiste à utiliser un agent désinfectant, à l'époque l'acide phénique ou phénol, pour désinfecter les objets, les plaies et en vaporiser dans l'air pour que les germes présents dans l'air soient inoffensifs pour un malade. Ainsi pendant ses opérations, Lister nettoie la plaie avec de l'eau phéniquée. Cette méthode est assez efficace puisque la mortalité et le risque d'une infection généralisée chutent fortement. D'un point de vue plus scientifique, les recherches qui vont profiter à Lister sont celles sur la putréfaction et les pourritures.

En effet, Pasteur remarque que moins il y a d'air plus la putréfaction des corps oraganiques est importante, tandis que plus il y en a moins elle est grave. Il va donc conclure que les microbes de la putéfaction vivent dans un milieu anaérobie (voir le schéma dans la partie Première études puis Fermentation). Des lors, Lister remarque que de nombreuses infections de plaies sont semblables à une putréfaction avec une odeur de pourriture et un dégagement de pus. Ces infections pouvent aller jusqu'à l'amputation d'un membre. Lister conclue, d'après les travaux de Pasteur, que les micro-organismes sont la cause des infections des plaies. Il décide, avec des chirurgiens anglais, d'aérer la plaie en la recouvrant d'une compresse aérée avant de commencer l’intervention.


Ces recherches ont permis de démontrer la théorie des germes appliqué à la putréfaction. Lors d'une conférence à la Royal Infirmery en 1875, Lister pratiqua une opération pour le prouver (incision puis éjection de pus grâce à un tube). Il purifie la peau avec de l'acide phénique (dilué a 1 pour 20 dans de l'eau) et diffuse dans l'air une solution plus diluée, il se lave le doigt avec cette solution. Et le patient ne contracta pas une infection de sa plaie, c'est donc que l'antisepsie est efficace.

zantisepsielisterienne.jpgImage d'une opération qui applique l'antisepsie listerienne

Source: _ http://www.blatner.com/adam/consctransf/historyofmedicine/2-infection/lecture2.html

 

Cette pratique permet 15 ans plus tard, lors d'une seconde conférence, de nombreuses améliorations grâce à Pasteur et ses disciples puisque la plupart des microbes pathogènes sont recensés et porte un nom:

      _ le genre des staphylocoques, découvert en 1880, cause des furoncles et d'infections pouvant être mortelles.

      _ les streptocoques (1880, microbe notamment responsable de l'infection puerpérale)

     _ les pneumocoques, découvert en 1881, cause d’otites, de sinusites, de bronchites, de pneumonies… Aujourd'hui, certains pneumocoques sont classés dans les streptocoques.


Image de gauche : Image prise au microscope électronique de staphylocoque doré: la bactérie des hôpitauxresponsables des maladies nosocomiales.


Image de droite: Observation microscopique du même type que ce que Pasteur a observé grâce à la coloration de gram: "Streptococcus pneumoniae",pneumocoque capsulé (du type streptocoque Image de l'Institut Pasteur et de site : car il possède une capsule de protection).

photo2partie1a.jpg

photo3partie1a.jpg

















Source:

_http://www.institutpasteur.nc/observatoire-regional-du-pneumocoque/ 

_http://www.respir.com/doc/abonne/base/Pneumocoque.asp

_http://www.pasteur.fr/ip/easysite/pasteur/fr/presse/communiques-de-presse/2012/staphylococus-aureus-resistance-antibiotiques


Ces découvertes se furent attendre dans la lutte contre les maladies infectieuses et contagieuses car pour chaque maladie, il faut trouvé le microbe responsable qui apparait incolore dans les solutions de cultures, il faut donc trouver la substance colorante capable de teinté le milieu propre au microbe de chaque maladie.

L'asepsie:

 Cependant Pasteur n'est pas complètement convaincu, pour lui, Lister oublie les microbes de l'eau, ceux des instruments et tissus utilisés. De plus l'acide phénique est corrosif pour les tissus organiques de l'homme. En effet, 15 ans plus tard Lister n'utilise plus l'acide phénique mais une solution dilué à 1 pour 500. Lister se sent « honteux » de l'avoir recommandé à l'époque et il ne pratique plus la pulvérisation mais il dispose des serviettes imbibées d'alcool autour de la table. Les améliorations se font tout de suite sentir. Avec l'application de ces précautions dans les hôpitaux, le taux de mortalité suite à des septicémies chute de 15% vers la fin de XIX ème puis de 50% plus tard. Avant la mise en place de ces précautions, pour les opérations comme les césariennes presque toutes les femmes meurent d'infections puerpérales causées par des microbes. D'ailleurs, même un simple accouchement avec quelques déchirures du périné peut entraînées ces infections. 


La proposition de Pasteur :


Pasteur ajoute plus de précautions ; il veut désormais chercher à prévenir l'infection en utilisant l'asepsie plutôt qu'en guérissant l'infection en utilisant l'antisepsie. L'asepsie, que Pasteur expliquera dans une séance à l'Académie de Médecine, le 30 Avril 1878, est une méthode qui consiste à prévenir les maladies en empêchant, par des moyens appropriés, l'introduction de microbes dans l'organisme. Par exemples de se laver les mains en premier et d'exposer les instruments à proximité d'une source de chaleur importante car n'oublions pas que la chaleur à 100°C tue la plus part des microbes. De plus, il propose que l'eau utilisée soit portée à des fortes températures pour supprimer les bactéries, car pour Pasteur « Nous buvons 90% de nos maladies ». Pour lui, ces précautions présentes un autre avantage, elles permettraient de diluer encore plus l'acide phénique et ainsi le rendre moins dangereux. Cette façon de prévenir eu beaucoup de mal à percer dans le domaine médical mais elle fut finalement adoptée par la plupart des hôpitaux réduisant considérablement le nombre de mort par septicémies au bout de plusieurs années.


Conséquences et conclusion:

Pour terminer, il faut savoir qu'au XIXème siècle les chirurgiens opéraient les patients avec leurs habits de ville. Dans une même journée et avec les mêmes vêtements, ils pouvaient disséquer un cadavre, ausculter un malade et assister à un accouchement sans même prendre le temps de se changer pour déjeuner. Ces chirurgiens transmettent les maladies d'un patient à des personnes saines. Toutes ces maladresses sont à l'origine des infections microbiennes qui apparaissent en amont des morts par septicémies. Ces chirurgiens étaient presque autant dangereux que la maladie elle même et transmettaient ce qu'on appelle aujourd'hui des maladies nosocomiales.

Celles-ci regroupent toutes les maladies que l'on attrape à la l'hôpital et sont à l'époque dangereuse car on ne sait pas les soigner. Elles sont encore de nos jours dangereuses car l'utilisation des désinfectants ne tue pas tous les microbes, ce qui a pour impact de favoriser le développement des microbes résistants. Pour pallier à ces maladies, des protocoles de stérilisation sont mis en place dans les hôpitaux et améliorés continuellement pour éviter tout risque.

C'est bien la preuve qu'aujourd'hui les principes de l'antisepsie sont complètement intégrés. Si bien que lorsque nous nous blessons par exemple, le reflexe est de nettoyer la plaie avec de l'eau oxygénée (rappelons que l'oxygène empêche la plupart des microbes pathogènes de se développer). L'antisepsie et l'asepsie sont aujourd'hui bien ancrées dans nos gestes quotidiens et sont devenus des reflexes. Même si pour en arriver là et pour aménager les hôpitaux de la fin du XIX ème, Pasteur a du défendre avec ardeur ses théories pour aménager les hôpitaux. Tous ces nouveaux aménagements désormais nécessaires, ainsi que les nouveaux stérilisateurs, instruments stériles, ... vont inciter le marché pharmaceutique, jusqu'à là quasi inexistant, vers une croissance exponentielle.

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site